Edito  

Liturgie dans le Temps présent : vers une Pentecôte qui « décoiffe ».

Vivre la liturgie, ce n’est pas être les archéologues d’un passé à jamais englouti. C’est être informé, ou plus exactement formé, par le Mystère de l’Amour trinitaire. Un Amour que le Fils a manifesté à travers toute sa vie terrestre, de l’Annonciation à l’Ascension. Par la Semaine sainte, nous venons de vivre avec le Seigneur acclamé, trahi, vendu, torturé et tué. Relevé d’entre les morts.
Jeudi saint, nous avons vu le Seigneur agenouillé au pied de ses disciples alors que Notre Dame venait de brûler. « Notre chère cathédrale est à genoux », disait l’archevêque de Paris. Oui, nous avons vu l’agenouillement mystérieux du Seigneur, pour le service. Une posture qui donne sens à nos agenouillements, qu’ils soient de dévotion, de service, ou de déroute. Car après cela, le Fils s’est allongé sur le bois mortel. Puis il s’est relevé pour nous dire qu’en nos agenouillements les plus douloureux, il se tient « au milieu de nous », debout, pour toujours.

Vivre la liturgie dans le temps présent comme un don, une grâce, un avenir qui s’ouvre. Avez-vous par exemple, vécu le baptême des adultes et des jeunes pendant le temps pascal, surtout comme une « messe trop longue », ou comme une grâce pour notre Eglise et un sursaut de votre propre baptême ?…

Vivre la liturgie dans le temps présent… Après « l’entrainement » du Carême, le temps Pascal est une rééducation du « regard » : le Ressuscité nous apprend à voir les signes de Sa Présence. Si nous le laissons nous ouvrir le cœur et l’intelligence, comme les premiers disciples.

Ainsi, Carême et Temps Pascal ouvrent l’Eglise et nos vies à l’effusion de Pentecôte. « Marcheurs » du Carême et « voyants de Pâques », nous sommes davantage enracinés dans notre condition de « disciples missionnaires ». Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l’Emmanuel, écrivait : « L’amour de Dieu enflamme nos âmes pour que nous le portions aux autres. C’est tout l’Esprit de la Pentecôte : une effusion de l’Esprit qui doit continuer jusqu’à l’avènement  de notre seul Seigneur et  Maître et Ami. On ne reçoit pas le baptême du feu pour soi, mais pour le porter aux autres ».

Bonne vue, bon cœur, bonne préparation à la Pentecôte !

PTL

Père Thierry Leroy
Curé, responsable du pôle missionnaire de Meaux