Editorial du mois de Novembre 2018

Toussaint ! Tous – saints ?

A la messe de la Toussaint, nous entendons la déclaration de Bonheur que le Seigneur Jésus nous adresse, les fameuses Béatitudes. Dans son exhortation apostolique « L’appel à la sainteté dans le Monde contemporain », parue au mois de mars dernier, le pape écrivait que  « Le mot « heureux » ou « bienheureux », devient synonyme de « saint », parce que « la personne fidèle à Dieu, qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur. » Le pape se lance alors dans un beau commentaire des Béatitudes. Permettez-moi de vous livrer quelques bribes à propos de la troisième : « Heureux les doux, car ils possèderont la terre ». (n°71 à 74).

« C’est une expression forte, dans ce monde qui depuis le commencement est un lieu d’inimitié, où l’on se dispute partout, où, de tous côtés, il y a de la haine, où nous classons constamment les autres en fonction de leurs idées, de leurs mœurs, voire de leur manière de parler ou de s’habiller. (…) Néanmoins, bien que cela semble impossible, Jésus propose un autre style : la douceur. C’est ce qu’il pratiquait avec ses propres disciples et c’est ce que nous voyons au moment de son entrée à Jérusalem : « Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse » (Mt 21, 5 ; cf. Zc 9, 9). Jésus a dit : « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes » (Mt 11, 29). Si nous vivons tendus, prétentieux face aux autres, nous finissons par être fatigués et épuisés. Mais si nous regardons leurs limites et leurs défauts avec tendresse et douceur, sans nous sentir meilleurs qu’eux, nous pouvons les aider et nous évitons d’user nos énergies en lamentations inutiles. Pour sainte Thérèse de Lisieux, « la charité parfaite consiste à supporter les défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses ». (…) Quelqu’un pourrait objecter : « Si je suis trop doux, on pensera que je suis stupide, que je suis idiot ou faible ». C’est peut-être le cas, mais laissons les autres penser cela. Il vaut mieux toujours être doux, et nos plus grands désirs s’accompliront : les doux « possèderont la terre », autrement dit, ils verront accomplies, dans leurs vies, les promesses de Dieu.

 Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté !

Alors ? Tous saints ?…


Père Thierry Leroy,
curé, responsable du pôle